Parcours 5
Développer le pouvoir d’agir : l’autonomie pour tous
Table ronde
Pédagogies du futur : former une jeunesse créative, solidaire et résiliente
Modération :
- Jean-Michel MVONDO, RECIC, République démocratique du Congo
Intervenants :
- Maarten HOGENSTIJN, Université des sciences appliquées d’Amsterdam, Pays-Bas
- Chloé JACQUIN, Fiinafas, France
- Pablo MANEYROL, La Tohu, Canada
Cette table ronde a exploré différentes manières de mobiliser l’éducation, la culture et l’entrepreneuriat pour favoriser l’inclusion et l’autonomie des jeunes, en s’appuyant sur des expériences développées aux Pays-Bas, en France et au Canada.
Les initiatives de l’Université des sciences appliquées d’Amsterdam, de Fiinafas et de La Tohu montrent notamment l’importance de partir des réalités vécues par les publics et des ressources présentes dans les territoires. Pédagogies actives, accompagnement humain, entrepreneuriat, culture ou encore éducation financière peuvent ainsi devenir des outils complémentaires pour renforcer les capacités d’action.
Les échanges ont également interrogé les conditions permettant de pérenniser et de diffuser ces démarches : formation des professionnels, accessibilité des outils, financements, partenariats territoriaux et mesure de l’impact.
Les principaux enseignements
1. Agir à partir des territoires pour renforcer l’inclusion
Les expériences présentées montrent l’importance d’ancrer les dispositifs dans les réalités sociales et économiques des territoires et de leurs habitants.
À Montréal, La Tohu développe son action dans le quartier de Saint-Michel, en associant culture, insertion et développement local. Dans un territoire confronté notamment au chômage et au décrochage scolaire, l’organisation cherche à créer des opportunités pour les habitants, particulièrement les jeunes.
L’emploi local, l’accompagnement et l’accès à des ressources permettant de développer ses propres projets deviennent ainsi des leviers d’inclusion et d’autonomie.
2. Apprendre à partir de l’expérience
Les méthodes pédagogiques présentées accordent une place importante aux expériences concrètes des participants.
Fiinafas travaille notamment sur les comportements liés à l’argent et à la gestion financière. Pour aborder des sujets parfois difficiles ou considérés comme tabous, l’organisation privilégie des pédagogies actives et inclusives, construites à partir des situations vécues.
Les outils numériques peuvent permettre de diffuser plus largement ces méthodes, mais les échanges ont également insisté sur l’importance de préserver la relation humaine et l’accompagnement dans les parcours d’apprentissage.
3. Croiser éducation, culture et entrepreneuriat
L’éducation à l’entrepreneuriat peut permettre aux jeunes de développer leur esprit d’initiative, de mieux comprendre leur environnement économique et de renforcer leur capacité à agir.
Les expériences présentées montrent également l’intérêt de croiser différents champs d’apprentissage. Le sport, la culture, l’entrepreneuriat ou encore les enjeux environnementaux peuvent devenir autant de supports permettant de mobiliser des publics qui ne se reconnaissent pas nécessairement dans les formes traditionnelles de formation.
Cette approche permet de relier acquisition de compétences, insertion professionnelle et engagement dans son territoire.
Des expériences et initiatives inspirantes
1. Développer des outils pédagogiques accessibles et adaptables
L’Université des sciences appliquées d’Amsterdam développe, avec différents partenaires internationaux, des ressources et des parcours autour de l’entrepreneuriat à impact.
Fiinafas travaille de son côté à la co-construction d’outils permettant d’aborder les comportements et les pratiques financières. Une attention particulière est portée à leur accessibilité, notamment pour des personnes rencontrant des difficultés avec l’écrit ou disposant d’un accès limité aux outils numériques.
Ces expériences montrent l’intérêt de concevoir les outils pédagogiques à partir des besoins et des capacités des publics auxquels ils s’adressent.
2. Apprendre par l’action, le sport et la culture
Les initiatives présentées mobilisent également des formes d’apprentissage reposant sur l’expérience et la participation.
Fiinafas utilise notamment le sport et le travail sur les émotions, à travers une expérience menée avec le Boxing Club Lamel.
À Montréal, La Tohu s’appuie sur le cirque et la culture pour créer des possibilités d’apprentissage, d’emploi et d’engagement pour les jeunes. Des bourses, du mentorat et des financements privés permettent également de soutenir certains de leurs projets.
Cette dynamique s’inscrit notamment dans le Quartier des Arts du Cirque, qui articule création culturelle, développement territorial et inclusion sociale.
3. Mesurer l’impact pour consolider et diffuser les expériences
Le changement d’échelle suppose également de mieux documenter les effets des dispositifs.
La numérisation de certains outils pédagogiques peut permettre d’élargir les publics touchés. Elle doit toutefois rester compatible avec les besoins des personnes éloignées du numérique et ne pas remplacer systématiquement l’accompagnement humain.
À Montréal, les effets de l’action de La Tohu sur son territoire ont également fait l’objet de travaux menés avec des chercheurs universitaires.
L’évaluation quantitative et qualitative peut ainsi permettre de mieux comprendre les transformations produites, d’améliorer les dispositifs et d’alimenter les réflexions des acteurs publics.
Les recommandations
1. Faciliter l’accès des jeunes aux ressources nécessaires pour développer leurs projets
Cibles : pouvoirs publics, fondations, acteurs financiers et structures d’accompagnement.
Les obstacles financiers peuvent limiter les possibilités d’insertion et d’initiative des jeunes, notamment dans les territoires confrontés à des difficultés socio-économiques.
Recommandation : associer bourses, financements de projets, mentorat et opportunités d’emploi local afin de permettre aux jeunes de développer leurs compétences et de concrétiser leurs initiatives.
Les secteurs de la culture, du sport, de l’environnement et de l’entrepreneuriat peuvent notamment constituer des espaces d’apprentissage et d’insertion.
2. Co-construire les dispositifs avec les communautés locales
Cibles : collectivités territoriales, associations, structures éducatives et acteurs de l’ESS.
Les dispositifs d’accompagnement gagnent à être construits à partir des réalités des personnes auxquelles ils s’adressent.
Recommandation : associer directement les habitants et les publics concernés à la conception des programmes et développer des outils accessibles, notamment pour les personnes confrontées à des difficultés avec l’écrit ou le numérique.
L’ancrage territorial, les structures de proximité et les politiques d’emploi local peuvent contribuer à renforcer cette dynamique.
3. Donner aux professionnels les moyens d’accompagner les nouvelles générations
Cibles : établissements éducatifs, organismes de formation, pouvoirs publics et financeurs.
La qualité des dispositifs dépend également des compétences et des ressources dont disposent les personnes chargées de les mettre en œuvre.
Recommandation : investir dans la formation des enseignants, éducateurs et accompagnateurs et favoriser le partage d’outils et de méthodes entre organisations et territoires.
Ces professionnels peuvent ainsi mieux mobiliser les pédagogies actives et accompagner les jeunes dans le développement de leurs compétences, de leur autonomie et de leurs projets.
Paroles d’intervenants
« La vision commune que nous partageons est que l’on apprend non seulement pour acquérir des compétences, mais aussi pour se transformer soi-même et mieux transformer le monde dans lequel on agit afin de mieux le reconstruire. »
Chloé JACQUIN, Fiinafas, France
Mots-clés
Jeunesse · Inclusion sociale · Pédagogies actives · Entrepreneuriat · Éducation financière · Insertion professionnelle · Culture · Ancrage territorial
Pour aller plus loin
Université des sciences appliquées d’Amsterdam : https://www.amsterdamuas.com/
Fiinafas : https://www.fiinafas.com/
La Tohu : https://tohu.ca/fr