Parcours 7

Inventer un futur désirable : innovation, impact et nouveaux récits

Table ronde

El papel de la ESS en la agenda del multilateralismo en una visión post-2030

Moderación:

  • David COBB, US Social Economy Network, RIPESS, États-Unis

Intervenants :

  • Santiago FISCHER, WSM – We Social Movements
  • Hans CIEDEL, RIPESS LAC, Red de Economías Transformadoras Latinoamericanas, Colombie
  • Federico PARRA, WIEGO – Women in Informal Employment: Globalizing and Organizing, Colombie
  • Eri TRINURINI, ASEC – Asian Solidarity Economy Council, RIPESS, Indonésie

Cette table ronde, qui réunit les expertises croisées de WSM, WIEGO, ASEC/RIPESS Asia et RIPESS LAC, met en lumière le rôle de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) face à la crise actuelle du multilatéralisme et aux mutations profondes du monde du travail. Alors que l’échéance des Objectifs de développement durable à l’horizon 2030 approche, les échanges soulignent la nécessité de dépasser le statu quo institutionnel et de renforcer la capacité de la société civile à s’organiser et à contribuer à la définition de nouvelles réponses.

À travers le prisme de la protection sociale universelle, du travail décent et de l’intégration législative de l’ESS, cette rencontre trace les contours d’une économie plus humaine, ancrée dans les réalités du terrain et portée par des alliances internationales solidaires.

Les principaux enseignements

1. La reconceptualisation du travail et l’inclusion des travailleurs

Les interventions de WSM et de WIEGO convergent vers la nécessité de redéfinir et de protéger le monde du travail face aux réalités contemporaines.

Alors que WSM, issue du mouvement ouvrier chrétien, défend le droit à la protection sociale et au travail décent, WIEGO rappelle l’urgence de cet enjeu en soulignant que 59 % de la population mondiale travaille dans l’économie informelle, selon les données présentées lors de la table ronde.

Face aux mutations technologiques, WIEGO insiste également sur la nécessité de repenser la définition du travail informel afin de prendre en compte les nouvelles formes de précarité liées au numérique.

Ensemble, ces approches montrent comment l’ESS et les formes d’organisation collective peuvent contribuer à inclure et protéger les travailleurs les plus vulnérables.

2. L’ancrage institutionnel et le dialogue avec les gouvernements

Un autre point fort de la discussion réside dans la structuration de l’ESS afin de renforcer son intégration dans les politiques publiques et régionales, une dynamique particulièrement visible en Asie.

Le réseau ASEC/RIPESS Asia, qui regroupe 20 ONG selon les éléments présentés, illustre cette tendance à travers son dialogue avec les gouvernements pour renforcer la place de l’ESS au niveau régional.

Pour inscrire cette démarche dans les agendas institutionnels, le réseau s’appuie notamment sur trois documents stratégiques évoqués lors de la table ronde : l’Asian Community Solidarity Document, le Current Status of the Asian Community Vision 2025 et l’Asian Community Vision 2045.

Cette approche montre que l’ESS ne se limite pas à la mise en œuvre d’alternatives locales, mais cherche également à s’inscrire dans des stratégies politiques à long terme.

3. Face à la crise du multilatéralisme : réseaux globaux et épistémologie politique

Enfin, la table ronde a interrogé le rôle de l’ESS face à la crise actuelle du multilatéralisme.

Les acteurs de l’ESS s’appuient sur des structures en réseaux réunissant des organisations issues de nombreux secteurs d’activité. C’est notamment le cas de RIPESS LAC, présenté comme une coordination rassemblant 22 réseaux dans 16 pays.

Ce déploiement permet d’ouvrir ce qui a été qualifié pendant les échanges d’« épistémologie politique », à travers un dialogue entre différentes réalités territoriales. L’objectif est d’analyser le quotidien des populations et les relations de pouvoir à l’échelle internationale afin de contribuer à la construction de formes de gouvernance plus justes et solidaires.

Des expériences et initiatives inspirantes

1. Le plaidoyer politique et l’ancrage législatif de l’ESS

La structuration juridique de l’Économie Sociale et Solidaire et son influence sur les décisions politiques constituent l’un des premiers piliers des stratégies présentées.

Le réseau ASEC/RIPESS Asia met l’accent sur la nécessité de développer des politiques publiques claires, des législations favorables et des cadres institutionnels permettant de consolider l’ESS, tout en assurant des financements durables.

Cette ambition rejoint la démarche de WSM, qui mobilise des réseaux multi-acteurs réunissant notamment syndicats et mutuelles afin de porter des messages communs auprès des décideurs publics.

À l’échelle internationale, le réseau INSP!R, soutenu par WSM, mène également des actions de plaidoyer auprès des Nations Unies en faveur de la création d’un Fonds mondial pour la protection sociale.

En Amérique latine, RIPESS LAC agit pour favoriser l’adoption de cadres législatifs nationaux consacrés à l’économie solidaire, en s’appuyant notamment sur les expériences de pays comme l’Équateur et la Bolivie.

2. La protection sociale et la formalisation face au défi de l’économie informelle

L’accès à une protection sociale universelle représente un point de convergence important entre WSM, WIEGO et ASEC/RIPESS Asia, face aux transformations du monde du travail.

WSM structure son action autour des quatre piliers de l’Agenda du travail décent de l’OIT : création d’emplois, protection sociale, droits au travail et dialogue social.

De son côté, WIEGO concentre ses efforts sur l’extension de ces droits aux travailleurs de l’économie informelle. Face à l’importance de cette économie en Asie, ASEC souligne également la nécessité d’une meilleure gestion des données afin de cartographier et de rendre visibles ces travailleurs.

Parmi les initiatives évoquées figurent le développement de systèmes d’enregistrement numérique portés par des organisations de travailleurs, notamment des syndicats de vendeurs de rue ou de récupérateurs de déchets, ainsi que l’expérience de SEWA en Inde.

Les partenaires d’INSP!R développent parallèlement des mutuelles de santé communautaires afin d’améliorer l’accès à la protection sociale, notamment dans des territoires ruraux insuffisamment couverts.

3. La gestion populaire et la co-construction d’alliances

Face aux crises systémiques et aux difficultés rencontrées par le multilatéralisme, les organisations présentes ont insisté sur la nécessité de construire des alliances entre mouvements sociaux et acteurs de terrain.

WSM a notamment présenté un Observatoire de gestion populaire, conçu comme un outil permettant de mieux comprendre les réalités vécues par les populations et de mieux les intégrer dans les processus de décision.

Cette démarche rejoint la vision de RIPESS LAC, qui cherche à analyser les relations de pouvoir à partir du vécu quotidien des communautés locales.

Le réseau latino-américain mobilise également des méthodologies d’éducation populaire et de cartographie des circuits économiques locaux. Ces démarches permettent aux communautés d’identifier leurs ressources et leurs échanges et de renforcer les alliances entre coopératives de producteurs locaux et groupes de consommateurs solidaires.

Les recommandations

1. Accélérer l’action à l’approche de l’échéance 2030

Cibles : agences des Nations Unies, institutions multilatérales et gouvernements.

Face aux difficultés rencontrées dans la réalisation des Objectifs de développement durable à l’horizon 2030, les échanges invitent à dépasser les approches habituelles et à renforcer les moyens consacrés à la protection sociale.

Recommandation : réévaluer les priorités et les financements afin d’accélérer les politiques de protection sociale et de préparer des transformations structurelles sur le long terme.

2. Renforcer le rôle de la société civile dans la construction des politiques publiques

Cibles : mouvements sociaux, syndicats, ONG, gouvernements et institutions internationales.

Les échanges soulignent l’importance de renforcer la capacité d’action des communautés locales et des travailleurs de l’économie informelle.

Recommandation : associer davantage les organisations de la société civile et les acteurs de terrain à la conception des politiques publiques afin que les réponses apportées prennent mieux en compte les réalités et les besoins exprimés par les populations concernées.

3. Renforcer l’ESS comme outil opérationnel de protection et d’inclusion

Cibles : législateurs, pouvoirs publics et réseaux de l’ESS.

Pour traduire ces orientations en actions concrètes, les échanges soulignent l’importance de disposer de cadres juridiques protecteurs et d’outils de financement adaptés.

Recommandation : soutenir le développement des coopératives, des mutuelles et d’autres formes d’organisation de l’ESS, notamment auprès des travailleurs de l’économie informelle, des femmes et des petits producteurs.

Ces structures peuvent contribuer à renforcer l’accès aux droits, la protection sociale et l’inclusion économique des populations concernées.

Palabras clave

Multilatéralisme · Protection sociale · Travail décent · Économie informelle · Société civile · ODD 2030 · Droits des travailleurs · Politiques publiques · Coopération internationale

Pour aller plus loin

WSM – We Social Movements : https://www.wsm.be/en/

WIEGO – Women in Informal Employment: Globalizing and Organizing : https://www.wiego.org/

RIPESS LAC : https://www.ripess.org/amerique-latine-et-caraibes-ripess-lac/

ASEC / RIPESS Asia : https://www.ripess.org/asia/

US Social Economy Network / RIPESS North America : https://www.ripess.org/north-america/?lang=en

Composición del Comité Científico:

presidido por Timothée Duverger, Doctor en Historia y profesor en Sciences Po Bordeaux, donde dirige la cátedra TerrESS.

Investigadores nacionales

  • Eric Bidet – ADDES
  • Eliabetta Bucolo – RIUESS
  • Timothée Duverger – CIRIEC France
  • Marilyne Filippi – RECMA
  • Xabier Itçaina – ScPo Bx
  • Francesca Petrella – EMES
  • Nadine Richez-Battesti – ADDES

Investigadores internacionales

  • Marie Bouchard – CIRIEC International – Quebec – Canadá
  • Rafael Chaves-Avila – CIRIEC España
  • Cheikh Gueye – Red de Think Tanks – Senegal
  • Marguerite MendellInstituto Karl Polanyi – Quebec (Canadá) miembro del del Advisory Committee del GSEF
  • Sybille Mertens – EMES – Bélgica
  • Leandro Morais Universidad de São Paulo (UNESP) –  Brasil Miembro del Advisory Committee GSEF
  • Amadou Ndiaye – Réseau Francophone de l'ESS Ciudad de Dakar y Université Amadou-MahtarM'Bow – Senegal 
  • Sambou Ndiaye – Universidad GB de Saint Louis – Senegal – Presidente del Comité Científico de Dakar GSEF2023 
  • Ilcheong Yi UNRISD- Suiza

Agentes nacionales

  • Alain Arnaud – CIRIEC France
  • Ghislain Brégeot – IFAID
  • Mahel Coppey – RTES
  • Mélissa Gentile – Coop Tiers lieux
  • David Le Norcy
  • Jérôme Saddier ESS Francia
  • Hugues Sibille – Labo de l’ESS
  • Claire Thoury – Le mouvement associatif
  • Mélanie Thuilier – CRESS NA

Agentes internacionales

  • Bérénice Alcade Castro – INAES - México – Copresidenta continental del GSEF
  • Fabrice Adelphe Balou – PoJET – Costa de Marfil – Polo Juvenil África GSEF
  • Alain Coheur – ESS Forum International – Bélgica
  • Malick Diop – Plataforma de Agentes No Estatales Senegal – Copresidente continental del GSEF
  • Laurence Kwark – Advisory Committee del GSEF – Corea del Sur
  • Denise Fatoumata Ndour – INAISE– Senegal – miembro del Advisory committee del GSEF
  • Mireille Pelchat – Chantier de l’ESS du Québec – Canadá – Copresidenta continental del GSEF
  • Yvon Poirier – RIPESS – Québec – Canadá
  • Emilio R. Rabasco – FAMSI/CGLU – España
  • Barbara Sak – CIRIEC International – Bélgica
  • Denis Stokkink – Asesor – Bélgica